Pour une histoire de l'art projetée #1

Le cycle « Pour une histoire de l’art projetée » est une tentative pour repenser le film comme vecteur d’une réflexion sur l’œuvre d’art et les opérations de son exposition. A partir de la tension entre transparence iconique et opacification de la matérialité du film, ces rendez-vous proposent de revenir sur la question des supports et des dispositifs de présentation. Associant historiens et théoriciens de l’art, commissaires d’expositions, conservateurs et artistes, privilégiant une expérience partagée du regard, ce programme aborde la remédiation filmique comme forme d’interprétation et de « lisibilité » critique de l’espace muséal et de l’œuvre d’art.

Entrée libre dans la limite des places disponibles
(à l’exception des séances du 3 et 4 novembre à 20h : 6€ / TR 4€ / Gratuit pour les adhérents)

1ère journée:
VENDREDI 3 NOVEMBRE

15h – LE DÉCOR, L’EXPOSITION : AVANT-GARDE ET CINÉMA
Historien du cinéma et professeur d’Histoire et esthétique du cinéma à l’Université de Lausanne, François Albera revient sur la manière dont le film a pu apparaitre, dans le contexte culturel des années 1920 et au-delà, comme un lieu d’exposition - y compris hors du cadre du film d’artiste. De l’importance de faire intervenir les artistes dans le cadre de ce qu’on le qualifie alors la «décoration » des films, aux réflexions du théoricien du cinéma italien Ricciotto Canudo sur la notion du « décor », cette conférence revient sur les cheminements qui conduiront nombres d’artistes à s’approprier le film pour disséminer leurs œuvres.

Intervention de François Albera (Université de Lausanne)

Marcel L’Herbier, L’Inhumaine, 1923, 35mm, nb., sil., 132min. (extrait)
Hans Richter, Dreams That Money Can Buy, 1948, 16mm, coul., son, 80.16min. (extrait)

17h - BRANCUSI/SHARITS : FILMER LA SCULPTURE
En 1977, lors d’une visite de l’ensemble sculpturale de Târgu Jiu en Roumanie, Paul Sharits tourne un documentaire sur Constantin Brancusi. Véritable hapax dans la production filmique de l’artiste américain, le film témoigne d’un intérêt marqué pour l’œuvre de Brancusi qui va bien au-delà du simple régime d’influence. Ce programme tâche de reconstruire l’origine et les ramifications de cette relecture singulière d’une œuvre par un artiste, en passant notamment par quelques films sur l’art des années 1970.

Séance présentée par Enrico Camporesi (Labex CAP)

Paul Sharits, Brancusi’s sculpture garden at Tirgu-Jiu, 1984, 16mm, coul., son, 21min.
Sean Hudson, The Rumanian Brancusi, 1976, 16mm, coul., son, 26min.
Hans Namuth et Paul Falkenberg, Brancusi Retrospective at the Guggenheim, 1970, 16mm, coul., son, 27min.

20h - ROBERTO LONGHI: L’ŒUVRE ET SON COMMENTAIRE
Dans l’après-guerre l’historien de l’art Roberto Longhi et le théoricien du cinéma Umberto Barbaro réalisent ensemble deux films courts sur la peinture de Carpaccio et de Caravage. Leur objectif, selon les mots de Longhi, était de « faire bouger la caméra sur l’œuvre d’art selon le probable mouvement critique de l’œil de l’observateur », en y juxtaposant un commentaire simple mais capable de solliciter l’attention du spectateur. En allant à l’encontre d’une tendance du film sur l’art qui voyait dans le récit son enjeu principal, Longhi et Barbaro visent à travailler la description et l’interprétation formelle, en développant des hypothèses théoriques inédites, dans une confrontation toujours relancée entre la parole et les reproductions des œuvres.

Interventions de Giovanni Careri (IUAV/EHESS) et Francesco Galluzzi (Accademia delle belle arti di Carrara)

Roberto Longhi et Umberto Barbaro, Carpaccio, 1947, 35mm, nb., son, 15min. (vostf)
Roberto Longhi et Umberto Barbaro, Caravaggio, 1948, 35mm (transféré sur fichier num.), nb., sil., 16min. (vostf)

Lou Castel lira le commentaire de Caravaggio pendant la projection.
Read more